Nantes
Nantes inaugure sa sixième ligne de tramway : un pari sur la densité
La nouvelle ligne relie Bellevue au pôle universitaire nord en 22 minutes. Reportage le jour de la mise en service.

Leïla Marchand
Cheffe de rubrique Ville & réseaux

À 6 h 14 ce jeudi, la première rame de la ligne 6 a quitté le terminus de Bellevue sous les applaudissements d'une centaine de riverains. La Régie Nantaise des Transports Urbains (RNTU, nom fictif) a mis sept ans à boucler ce projet de 14 kilomètres, pour un budget final de 487 millions d'euros, soit 11 % au-dessus de l'enveloppe initiale. « On a perdu dix-huit mois sur les fouilles archéologiques rue de la Paix, mais le résultat dépasse nos attentes », confie Bertrand Collas, directeur de projet à la RNTU.
La ligne traverse quatre quartiers classés en zone de revitalisation urbaine et dessert trois lycées, deux hôpitaux de proximité et le nouveau campus Sciences & Numérique inauguré en 2024. La fréquence prévue est de cinq minutes en heure de pointe, avec des rames de 43 mètres capables d'emporter 240 passagers. Les premières semaines de rodage limiteront le service à huit minutes d'intervalle.
L'itinéraire n'a pas fait l'unanimité. L'association Rive Gauche Citoyenne avait plaidé pour un tracé plus au sud, jugé plus équitable vis-à-vis des quartiers populaires de Doulon. « On nous a sorti les études d'achalandage pour justifier le tracé actuel, mais ces modèles supposent un comportement de mobilité qui n'existe pas encore dans ces quartiers », objecte Sandrine Mouret, porte-parole de l'association.
Du côté des riverains, les opinions divergent entre ceux qui voient la ligne comme un levier de valorisation foncière et ceux qui redoutent exactement cela. Dans la rue des Vignes, les prix des appartements ont progressé de 8 % entre l'annonce du tracé définitif et la mise en service, selon les données de la chambre des notaires. « Ma propriétaire a profité de l'ouverture pour m'augmenter le loyer de 120 euros », témoigne Karim Alaoui, locataire depuis cinq ans.
Sur le plan technique, la ligne 6 est la première du réseau nantais entièrement équipée du système de gestion prédictive des feux ATC-Pro, développé par l'entreprise fictive Synchro-Lumières. Ce dispositif adapte en temps réel les cycles de signalisation pour garantir une régularité de 94 %, contre 87 % sur les lignes les plus chargées du réseau actuel.
La mise en service de la ligne 6 porte le linéaire total du tramway nantais à 88 kilomètres, ce qui place la métropole au troisième rang national derrière Paris et Lyon. L'agglomération devra toutefois justifier ces investissements face à une dette qui a doublé en dix ans. Le prochain conseil métropolitain devrait voter un plan d'économies d'exploitation d'ici septembre.
Pour la RNTU, l'enjeu immédiat est la montée en charge : si les 28 000 voyages par jour projetés pour 2027 se concrétisent, la ligne deviendra la plus fréquentée du réseau hors ligne 1. Les premières statistiques de fréquentation seront disponibles dans six semaines.
« On a perdu dix-huit mois sur les fouilles archéologiques, mais le résultat dépasse nos attentes. »
L'itinéraire n'a pas fait l'unanimité. L'association Rive Gauche Citoyenne avait plaidé pour un tracé plus au sud, jugé plus équitable vis-à-vis des quartiers populaires de Doulon. « On nous a sorti les études d'achalandage pour justifier le tracé actuel, mais ces modèles supposent un comportement de mobilité qui n'existe pas encore dans ces quartiers », objecte Sandrine Mouret, porte-parole de l'association.
Du côté des riverains, les opinions divergent entre ceux qui voient la ligne comme un levier de valorisation foncière et ceux qui redoutent exactement cela. Dans la rue des Vignes, les prix des appartements ont progressé de 8 % entre l'annonce du tracé définitif et la mise en service, selon les données de la chambre des notaires. « Ma propriétaire a profité de l'ouverture pour m'augmenter le loyer de 120 euros », témoigne Karim Alaoui, locataire depuis cinq ans.
Sur le plan technique, la ligne 6 est la première du réseau nantais entièrement équipée du système de gestion prédictive des feux ATC-Pro, développé par l'entreprise fictive Synchro-Lumières. Ce dispositif adapte en temps réel les cycles de signalisation pour garantir une régularité de 94 %, contre 87 % sur les lignes les plus chargées du réseau actuel.
La mise en service de la ligne 6 porte le linéaire total du tramway nantais à 88 kilomètres, ce qui place la métropole au troisième rang national derrière Paris et Lyon. L'agglomération devra toutefois justifier ces investissements face à une dette qui a doublé en dix ans. Le prochain conseil métropolitain devrait voter un plan d'économies d'exploitation d'ici septembre.
Pour la RNTU, l'enjeu immédiat est la montée en charge : si les 28 000 voyages par jour projetés pour 2027 se concrétisent, la ligne deviendra la plus fréquentée du réseau hors ligne 1. Les premières statistiques de fréquentation seront disponibles dans six semaines.
À propos de l'auteur

Leïla Marchand
Cheffe de rubrique Ville & réseaux
Leïla Marchand couvre les transports urbains depuis quinze ans. Ancienne correspondante pour un quotidien régional à Lyon, elle suit de près les chantiers de BHNS et la politique cyclable des grandes métropoles françaises.


