Ville & réseaux
Écrit

Paris

Accessibilité des réseaux en 2026 : obligations et retards

Vingt et un ans après la loi de 2005, les personnes à mobilité réduite naviguent encore dans un réseau urbain largement inaccessible.

Leïla Marchand

Leïla Marchand

Cheffe de rubrique Ville & réseaux

30 juin 2026·6 min
Accessibilité des réseaux en 2026 : obligations et retards

La loi du 11 février 2005 avait fixé un délai de dix ans pour rendre les transports publics accessibles aux personnes handicapées. Vingt et un ans plus tard, le bilan national reste lourd : 43 % des arrêts de bus urbains ne sont toujours pas équipés de quais surélevés permettant l'embarquement autonome en fauteuil roulant, selon le rapport annuel de l'Observatoire Fictif de l'Accessibilité des Transports (OFAT).

Les inégalités territoriales sont frappantes. Dans les métropoles de plus de 400 000 habitants, le taux d'accessibilité des arrêts de surface atteint 74 %, porté par les investissements des grandes rénovations de lignes. Dans les agglomérations de 50 000 à 150 000 habitants, il tombe à 31 %. Dans les zones rurales dotées d'un service de transport à la demande, l'accessibilité des véhicules eux-mêmes n'est garantie que dans 18 % des cas.

Les ascenseurs dans les stations de métro et de RER sont le point noir le plus visible. À Paris, le réseau Métro-Express fictif recense 1 240 équipements de verticalité ; en juin 2026, le taux de disponibilité moyen sur douze mois était de 91,3 %, ce qui signifie qu'en pratique, au moins 109 ascenseurs ou escalators étaient hors service à tout instant. Pour un usager en fauteuil roulant, l'indisponibilité d'un seul ascenseur sur son trajet suffit à le rendre impraticable.

« Je dois vérifier l'état des équipements via l'application avant chaque déplacement. Quand l'ascenseur tombe en panne après que j'ai validé mon titre, je suis bloquée sans remboursement automatique », témoigne Amira Douiri, 34 ans, utilisatrice quotidienne du métro parisien et militante de l'association fictive Tous Mobiles.

Plusieurs collectivités expérimentent des solutions palliatives : service de transport adapté à la demande, accompagnement humain renforcé, application de signalement en temps réel des pannes. Ces solutions ont une valeur réelle, mais elles entérinent de facto un réseau à deux vitesses. L'association Tous Mobiles estime qu'elles évitent à l'autorité organisatrice d'investir dans la résolution des causes profondes.

La Commission Européenne a mis en demeure cinq États membres, dont la France, de se conformer aux exigences du règlement européen sur l'accessibilité des services de transport d'ici fin 2026. Le gouvernement a présenté en mai un plan d'accélération doté de 340 millions d'euros sur quatre ans, dont 60 % fléchés sur la mise en accessibilité des 500 gares RER et Transilien les moins équipées. Les associations jugent ce montant insuffisant d'un facteur cinq.

« Quand l'ascenseur tombe en panne après que j'ai validé mon titre, je suis bloquée sans remboursement automatique. »

Les ascenseurs dans les stations de métro et de RER sont le point noir le plus visible. À Paris, le réseau Métro-Express fictif recense 1 240 équipements de verticalité ; en juin 2026, le taux de disponibilité moyen sur douze mois était de 91,3 %, ce qui signifie qu'en pratique, au moins 109 ascenseurs ou escalators étaient hors service à tout instant. Pour un usager en fauteuil roulant, l'indisponibilité d'un seul ascenseur sur son trajet suffit à le rendre impraticable.

« Je dois vérifier l'état des équipements via l'application avant chaque déplacement. Quand l'ascenseur tombe en panne après que j'ai validé mon titre, je suis bloquée sans remboursement automatique », témoigne Amira Douiri, 34 ans, utilisatrice quotidienne du métro parisien et militante de l'association fictive Tous Mobiles.

Plusieurs collectivités expérimentent des solutions palliatives : service de transport adapté à la demande, accompagnement humain renforcé, application de signalement en temps réel des pannes. Ces solutions ont une valeur réelle, mais elles entérinent de facto un réseau à deux vitesses. L'association Tous Mobiles estime qu'elles évitent à l'autorité organisatrice d'investir dans la résolution des causes profondes.

La Commission Européenne a mis en demeure cinq États membres, dont la France, de se conformer aux exigences du règlement européen sur l'accessibilité des services de transport d'ici fin 2026. Le gouvernement a présenté en mai un plan d'accélération doté de 340 millions d'euros sur quatre ans, dont 60 % fléchés sur la mise en accessibilité des 500 gares RER et Transilien les moins équipées. Les associations jugent ce montant insuffisant d'un facteur cinq.

À propos de l'auteur

Leïla Marchand

Leïla Marchand

Cheffe de rubrique Ville & réseaux

Leïla Marchand couvre les transports urbains depuis quinze ans. Ancienne correspondante pour un quotidien régional à Lyon, elle suit de près les chantiers de BHNS et la politique cyclable des grandes métropoles françaises.